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	<title>Revue Souffles &#187; Fenêtre sur l’art et le monde</title>
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	<description>L&#039;association Les Ecrivains Méditerranéens</description>
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		<title>Claude-Henri BARTOLI ou le rêve éveillé du shaman</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Mar 2017 15:05:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[francalderon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Fenêtre sur l’art et le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>  par Christophe CORP directeur de la revue Souffles Conférence prononcée le 4 mars 2017 à la Maison des Relations Internationales de Montpellier, à l’occasion de l’exposition « MÉXICO INSOLITO » Exposition des œuvres de Claude-Henri Bartoli présentée par l’association ThéâViDa du 27 février au 10 mars 2017   -       Un œillet rouge à la boutonnière des... <a href="https://www.revuesouffles.fr/fenetre-sur-lart-et-le-monde/claude-henri-bartoli-ou-le-reve-eveille-du-shaman/">&#187; Lire la suite</a></p><p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.revuesouffles.fr/fenetre-sur-lart-et-le-monde/claude-henri-bartoli-ou-le-reve-eveille-du-shaman/">Claude-Henri BARTOLI ou le rêve éveillé du shaman</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.revuesouffles.fr">Revue Souffles</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="right"> <b></b></p>
<p style="text-align: right;" align="right"><span style="font-size: small;"><b>par <span style="font-size: medium;">Christophe CORP</span> </b></span></p>
<p style="text-align: right;" align="right"><span style="font-size: small;"><b>directeur de la revue Souffles</b></span></p>
<p style="text-align: right;" align="right"><span style="font-size: small;"><b>Conférence prononcée le 4 mars 2017 à la Maison des Relations Internationales de Montpellier, à l’occasion de l’exposition « M</b><b>É</b><b>XICO INSOLITO »</b></span></p>
<p style="text-align: right;" align="right"><span style="font-size: small;"><b>Exposition des œuvres de Claude-Henri Bartoli présentée par l’association ThéâViDa</b></span></p>
<p style="text-align: right;" align="right"><span style="font-size: small;"><b>du 27 février au 10 mars 2017</b></span></p>
<p style="text-align: justify;" align="right"><span style="font-size: medium;"><b> </b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">-       <b>Un œillet rouge à la boutonnière des résistances</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Claude-Henri Bartoli a toujours un œillet rouge à la boutonnière des résistances, comme Jean Nicoli, corse comme lui</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Jean Nicoli  cet instituteur corse, communiste, qui fut fusillé par la gestapo en 1943 à l’âge de de 44 ans</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Jean Nicoli qui avait demandé à ses enfants, dans sa dernière lettre, qu’ils arborent un œillet à chaque fois qu’ils se rendraient sur sa tombe</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">… Un œillet rouge en symbole de « clavel varonil » comme l’écrit Garcia Lorca, œillet de la virilité héroïque et de la résistance</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">… Un œillet rouge pour rappeler le sang versé par les combattants de l’armée de l’ombre.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Claude-Henri Bartoli a toujours une résistance d’avance, toujours un œillet symbolique à la boutonnière pour résister sans cesse, résister à la norme, résister aux représentations établies et inscrites dans le marbre.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">A l’occasion de la sortie du numéro de la revue <i>Souffles</i> : « <i>Résister c’est exister</i> », numéro imaginé un an à l’avance (en 2014) et que le hasard de l’histoire a voulu que l’on boucle le jour de l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 (mais comme l’écrit Paul Eluard « il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous »), Claude-Henri Bartoli avait contribué à sa réussite iconographique, en ponctuant ce numéro, que l’on a réédité depuis, de ses œuvres peintes dédiées à des grandes figures de résistants : Daniel Cordier, le secrétaire de Jean Moulin devant le Guernica de Picasso, le soldat républicain tombant le fusil à la main et photographié par Robert Capa lors de la guerre d’Espagne, Federico García Lorca dont la lumière digne d’une illumination d’enluminure est menacée par une sorte de cafard inquiétant et strié, un Arthur Rimbaud jeune et beau, au visage démultiplié par la voyance, et enfin ces deux Jean mythiques : un Jean Jaurès dont Claude-Henri Bartoli cherche le triangle au gré des pointillés vibratoires dans ses formes plutôt rondes et bien en chair, et un Jean Moulin, ce Jean Moulin, son Jean Moulin, dont il capte la vibration charismatique en un entrelacs floral dans la fameuse photo mythique prise sous l’aqueduc des Arceaux de Montpellier, chapeau et écharpe dans le froid de sa Résistance, la sienne, la nôtre.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">C’est ainsi qu’il a repris dans l’une de ses contributions pour le numéro, la fameuse photo de Jean Moulin avec son chapeau et son écharpe, photo prise en 1943 au pied de l’aqueduc des Arceaux à Montpellier, lorsque Jean Moulin rendait visite à sa sœur qui habitait la Grand’Rue de Montpellier, devenue depuis la Grand’Rue Jean Moulin</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Photo que la magie de l’artiste Claude-Henri Bartoli réexplore et réinterprète à sa façon mexicaine… et qui sait ?  sans doute corse</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/bartoli-jean-moulin.png" rel="lightbox[963]" title="Claude-Henri BARTOLI ou le rêve éveillé du shaman"><img class="aligncenter size-large wp-image-977" alt="bartoli jean moulin" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/bartoli-jean-moulin-809x1024.png" width="625" height="791" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">-       <b>Ut pictura poesis, ut Bartoli pictura poesis</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><b> </b>Comme l’écrivait le poète Horace, ce bon vivant encourageant l’un de ses amis à boire un vieux rouge de quatre ans en contemplant les cimes enneigées du mont Soracte, « ut pictura poesis » ; « Telle la peinture, la poésie »</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> Parmi toutes les phrases élevées au rang de maximes que nous a léguées ce poète de la dissonance que fut le poète latin Horace, il en est une chère à Claude-Henri Bartoli : « ut pictura poesis » et j’ai envie de dire me servant du génitif corsico-latin « Bartoli » ; « ut Bartoli pictura poesis »</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> Car Claude-Henri Bartoli</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">[ qui a dirigé le Centre d’art contemporain de Bédarieux pendant près de vingt-cinq, qui a constitué la merveilleuse collection, par le simple fait (idée géniale ! merci Claude-Henri !) que chaque artiste exposant à Bédarieux laissait une œuvre pour la collection ]</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">est très attaché dans sa quête artistique au dialogue des arts, ce dialogue entre le poète et l’artiste plasticien.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Il aime d’ailleurs rappeler comment le premier livre d’artiste est né en France en 1875, de la collaboration entre Mallarmé et Manet, autour du poème d’Edgar Poe traduit par Mallarmé The Raven /Le Corbeau et qu’à la suite de cette première collaboration entre un peintre et un poète vont suivre de nombreuses créations de livres d’artiste : Verlaine et Bonnard, Apollinaire et Dufy, Char et Braque, Tzara et Picasso, Eluard et Miró…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> Au bout de cette longue lignée de livres d’artistes, il y a celle entre Claude-Henri Bartoli et Michel Butor.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/IMG_2556.jpg" rel="lightbox[963]" title="Claude-Henri BARTOLI ou le rêve éveillé du shaman"><img class="aligncenter size-large wp-image-975" alt="IMG_2556" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/IMG_2556-1024x576.jpg" width="625" height="351" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">-       <b>Michel Butor – Claude-Henri Bartoli : un dialogue des arts transatlantique</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> L’amitié avec Michel Butor est à l’origine de cet échange, de ces œuvres présentées ici dans ce beau lieu de la Maison des échanges internationaux de Montpellier, grâce à la vertu associative de l’association <i>ThéâViDa</i>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Signalons aussi que c’est grâce à Claude-Henri Bartoli que, dans l’un de ses numéros consacré au <i>Chant infini des métamorphoses</i>, la revue <i>Souffles </i>a pu publier onze poèmes de Michel Butor accompagnés de têtes de mots peintes par Claude-Henri Bartoli. Une vraie merveille. Un numéro aujourd’hui épuisé.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/Bartoli-Calavera-1.png" rel="lightbox[963]" title="Claude-Henri BARTOLI ou le rêve éveillé du shaman"><img class="aligncenter size-large wp-image-978" alt="Bartoli Calavera 1" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/Bartoli-Calavera-1-772x1024.png" width="625" height="829" /></a></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: medium;">On donne aux enfants mexicains</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: medium;">crânes de sucre avec leurs noms</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: medium;">pouvant les faire partager</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: medium;">à leurs camarades de classe</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: medium;">mettant en commun leurs cadavres</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: medium;">futurs ils pimentent leurs vies</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: medium;">d&rsquo;une anthropophagie discrète</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: medium;">riant au carnaval des morts</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: small;">Poème de Michel Butor publié dans <em>Souffles</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Ce qui est intéressant à rappeler c’est que Michel Butor (qui était venu à Montpellier le 6 mai 2016 pour présenter pour la première fois le travail présenté ici dans cette exposition « México insólito ») a composé les poèmes à partir de reproductions des toiles que Claude-Henri Bartoli lui a envoyées. Les poèmes ont ensuite été insérés dans les œuvres peintes,  dans l’espace qui avait été laissé et prévu pour eux, pour dialoguer avec leurs motifs peints.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Le support des bâches peintes souligne tout l’intérêt de cette peinture pour des toiles sans châssis, facile en transporter. Il s’agit donc d’un art pour ainsi dire « transatlantique léger », qui libère la toile de tout cadre, qu’il soit concret ou figuré , et rappelle par ailleurs toute l’admiration de Claude-Henri Bartoli pour le « <i>sfumato</i> » vaporeux de Léonard de Vinci libérant la forme du contour du trait, autant que son attrait pour la technique du « <i>kakemono</i> », ces peintures ou calligraphies japonaises que l’on peut rouler et transporter facilement ou décrocher pour changer de toile à sa guise et renouveler ainsi la présence artistique dans notre quotidien. Une technique d’ailleurs pratiquée par Claude Viallat,  qui a beaucoup fasciné Claude-Henri Bartoli.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">-       <b>Claude-Henri Bartoli : un art cosmogonique</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Claude-Henri Bartoli trouve au Mexique, où il s’est installé en 2008 avec sa compagne mexicaine la peintre Rosaura Gallegos, la terre promise à tous ses rêves éveillés, dans le terreau fertiles et foisonnant des cosmogonies précolombiennes. Depuis son installation au pays d’Emiliano Zapata, ce révolutionnaire pour lequel il a une grande admiration, l’héritage cosmogonique aztèque a une grande influence sur son art.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Claude-Henri Bartoli se plaît à rappeler notamment sa fascination pour les indiens hopis, ces indiens de l’Arizona liés au Mexique dont la langue est dérivée du nahuatl, la langue des aztèques, et qui auraient migré depuis le Mexique jusqu’en Arizona pour fuir la sècheresse. Il y a chez Claude-Henri Bartoli une grande fascination pour ces petits personnages étonnants créés par les indiens hopis (ces aztèques d’Arizona), des petits personnages que l’on dit venir de l’espace et que les mexicains se plaisent à comparer à des sortes de martiens.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Dans les œuvres de Claude-Henri Bartoli, il y a tout le souvenir liliputien de ces petits personnages hopis, qui peuplent et colonisent pacifiquement les toiles grenouillant de toute part, à l’image de ce crâne de grenouille atlante portant ou supportant le crâne vie-mort d’une « <i>calavera </i>».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Cette présence grenouillante de petits personnages, de petites créatures est aussi liée à sa fascination profonde pour le panthéon aztèque, un panthéon qui intègre les divinités des peuples conquis, les divinités mayas, toltèques, zapotèques, chichimèques…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Dans cette religion ce qui plaît à notre mexicain d’adoption, c’est son côté très pratique : au lieu de rendre compte à un seul dieu, il y a chez les méso-américains un dieu pour chaque chose : un dieu pour la pluie, pour le soleil ou pour la terre, un dieu pour la tomate, un dieu pour le maïs…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">L’art de Claude-Henri Bartoli est tout entier traversé par la grande richesse des cosmogonies et des mythologies précolombiennes de l’art mexicain, ce dont Michel Butor d’ailleurs se fait l’écho dans l’une de leurs œuvres en commun exposées ici, dans laquelle le poète écrit ceci en dialogue avec le peintre : « <i>Ils ont raté l’éternité, ont besoin d’un bain de jouvence, dans leur sommeil très agité de cauchemars mythologiques</i> ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Ces « <i>cauchemars mythologiques</i> » évoqués par Michel Butor nous rappelle tout cet inframonde mexicain qui fascine tant Claude-Henri Bartoli : un inframonde où la mort est vécue de façon extraordinaire, où la mort a un visage sympathique qui nous sourit, où la mort n’est pas la fin mais le commencement d’autre chose, ce qui pour nous, qui vivons dans une civilisation de la mort aseptisée, discrète, cachée, a quelque chose de fascinant notamment lorsqu’on voit, pour Toussaint, les mexicains aller partager le repas sur la tombe des morts ; des mexicains venus sur la tombe des défunts pour festoyer, pour ripailler, pour recevoir les autres, en un grand moment de fête et de partage.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Ce qui traverse aussi tout l’art de Claude-Henri Bartoli, qui en cela rejoint la vision cosmogonique des anciens mexicains, c’est la dualité : dans son art serpentin qui a intégré la mémoire sacrée du serpent à plume (symbole de mues et donc de renaissances successives, comme c’était déjà le cas les grecs qui en firent un caducée), il y a tout un art des duplications.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Il faut sans doute voir dans les duplications incessantes de cet univers pictural, une survivance prégnante de la dualité des <i>mexicas</i>, la dualité qui compose et structure le monde méso-américain.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">N’est-ce pas, d’ailleurs, ce que souligne ce vers de Michel Butor, figurant dans l’une de ces toiles, qui dit comme à propos de cet univers cosmogonique: « <i>N’approchez pas, c’est imprudent, vous risqueriez d’être emportés dans le torrent des hypothèses, inondations, contradictions</i> »</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">L’art de Claude-Henri Bartoli se nourrit de ces « <i>contradictions </i>» incessantes évoquées par Michel Butor et qui sont celles de la pensée aztèque, des contradictions dépassées car animées de réversibilité. Cet art se joue sans cesse de notre finitude en ce qu’il est célébration de la mort, en ce que la mort y est fin et commencement et surtout, avant tout, commencement dans la fin, tel une germination qui va produire quelque chose (même si l’on ne sait pas trop ce qu’elle va produire comme le rappelle Claude-Henri Bartoli !), une germination au moment du trépas et de la disparition, comme pour ainsi dire un alpha dans l’oméga.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Dans ses œuvres, Claude-Henri Bartoli nous propose une vision paradoxale à la manière de cette dualité réversible inhérente à la pensée mexicaine, qui nous fait sans cesse prendre conscience de la relativité des choses et des visions, comme, ici ou là dans ces œuvres peintes, avec par exemple ce serpent à deux crânes, tel un aigle à deux têtes de notre condition.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">-       <b>Claude-Henri Bartoli ou le rêve éveillé de Guadalupe Posada</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Il y a chez Claude-Henri Bartoli tout un peuplement, le peuplement de ce que la langue espagnole  nomme les « <i>calaveras</i> », les têtes de mort.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Elles habitent ses toiles comme les « <i>calaveras</i> » habitaient les gravures du plus célèbres des graveurs mexicains : José Guadalupe Posada (1852-1913), un graveur génial, une sorte de « Daumier mexicain » pour reprendre la formule de Claude-Henri Bartoli, un artiste qui a donné ses lettres de noblesse à l’art de la gravure, en en faisant un art à part entière.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">José Guadalupe Posada avait une grande passion : la représentation des « <i>calaveras </i>», cet art qui plonge ses racines jusque dans les fameux « <i>tzompantlis</i> » aztèques,  ces « murs de crânes » que l’on appelait aussi « rateliers de crânes » et où l’on exposait les têtes des hommes qui avaient été sacrifiés pour que vive le soleil de leur sang.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Guadalupe Posada a représenté les têtes de mort sous toutes les formes : en train de manger, de boire, de danser…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">La plus célèbre d’entre elles est la fameuse « <i>Catrina</i> », cette « <i>calavera</i> » que Diego Ribera représentera des années plus tard, en 1948, dans sa fameuse fresque <i>Sueño de una Tarde Dominical en la Alameda Central</i>, à  l’élégance bourgeoise toute porfirienne, au crâne surmonté d’un chapeau à plumes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/Calavera-Catrina-de-Jose-Guadalupe-Posada-Big.png" rel="lightbox[963]" title="Claude-Henri BARTOLI ou le rêve éveillé du shaman"><img class="aligncenter size-full wp-image-981" alt="Calavera-Catrina-de-Jose-Guadalupe-Posada-Big" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/Calavera-Catrina-de-Jose-Guadalupe-Posada-Big.png" width="820" height="600" /></a><span style="font-size: medium;">Mais à côté de l’icône populaire de la « <i>Catrina</i> », il y a aussi, dans la culture mexicaine qui est l’environnement quotidien de notre mexicain d’adoption, la tête de mort du « <i>Catrin</i> », comme se plaît à le rappeler Claude-Henri Bartoli, une tête de mort de sexe masculin, dont le squelette festif est représenté avec une trompette ou une bouteille à la main, en joyeux fêtard.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/Jose-Guadalupe-Posada-Pancho-Villa.jpg" rel="lightbox[963]" title="Claude-Henri BARTOLI ou le rêve éveillé du shaman"><img class="aligncenter size-full wp-image-982" alt="Jose Guadalupe Posada - Pancho Villa" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/Jose-Guadalupe-Posada-Pancho-Villa.jpg" width="92" height="213" /></a><span style="font-size: medium;">Parmi les plus célèbres « <i>calaveras</i> » de Guadalupe Posada, citons aussi la tête de mort Pancho Villa en smoking avec un cigare entre les dents ou encore la fameuse « <i>calavera</i> » don Quichotte, accompagnée de nombreuses têtes de morts miniature et en train de charger de sa lance un ennemi hypothétique, comme sortie du <i>Triomphe de la mort</i> de Brueghel.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/Calavera-Don-Quichotte-de-Jose-Guadalupe-Posada.png" rel="lightbox[963]" title="Claude-Henri BARTOLI ou le rêve éveillé du shaman"><img class="aligncenter size-full wp-image-980" alt="Calavera-Don-Quichotte-de-Jose-Guadalupe-Posada" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/Calavera-Don-Quichotte-de-Jose-Guadalupe-Posada.png" width="740" height="420" /></a></span><span style="font-size: medium;">La mort triomphe donc dans la peinture de Claude-Henri Bartoli, mais il s’agit d’une mort sympathique, à usage plaisant, une mort qui dédramatise notre condition humaine avec distance et humour.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Il est d’ailleurs intéressant de remarquer, au passage, comment, à la façon dont Guadalupe Posada  prêtait squelette à ses «<i> calaveras</i> », lui aussi, prête un corps, des bras et des jambes, à ses têtes de mort qui peuplent ses compositions.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> -        <b>Claude-Henri Bartoli ou le rêve éveillé du shaman</b></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> L’art de Claude-Henri Bartoli est, selon moi, comme « le rêve éveillé du shaman », comme j’ai pu l’écrire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> Comment peut-on en arriver à affirmer cela ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> Revenons un peu sur la signification du mot « shaman».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> Le shaman est cet être qui en Amérique latine constitue un maillon vivant entre le monde des hommes, des vivants (qu’il a pour mission de soigner tel un guérisseur auquel il est assimilé aussi) et celui des esprits. Il est un maillon humain, un intermédiaire entre le monde visible et le monde invisible. Le shaman a cette capacité d’être un médiateur qui communique avec ces présences autres, les forces invisibles.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Pour Claude-Henri Bartoli le peintre, et même le poète, est une sorte de shaman, parce qu’il communique avec les forces invisibles, les présences autres, voire l’ordre des formes, et a pour idéal d’en rendre compte et de les partager avec la communauté du regard.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Cette médiation shamanique du poète est d’ailleurs mise en pratique poétique par Pablo Neruda dans son fameux <i>Canto general</i>, lorsque son moi poétique interpelle par-delà les siècles l’ombre enfouie de son frère indien victime de la conquête et dont la pierre millénaire de <i>Macchu Picchu</i> garderait la trace, la force magnétique et invisible, tel un esprit logé au creux de la matière minérale. Un frère indien que Pablo Neruda interpelle en lui de son « <i>Sube a nacer conmigo hermano</i> » : « Monte naître (ou renaître) avec moi, toi mon frère ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Travailler avec les forces, les formes invisibles, être pour ainsi dire un <i>medium</i> entre visible et invisible, est aussi un moyen de guérison pour l’humain à l’œuvre, comme se plaît souvent à le rappeler Claude-Henri Bartoli.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">A la façon dont le grand poète mexicain Octavio Paz définit la magie en en faisant un fluide sacré qui unit, relie tous les règnes, la pierre, l’animal, le végétal tel ce « <i>courant de secrètes empathies</i> » évoqué par Alejo Carpentier à propos de sa perception d’un « réel merveilleux », l’acte shamanique ou plastique est une médiation entre les mondes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Mais cette médiation doit toujours être, pour Claude-Henri Bartoli, celle de l’engagement shamanique. Pour lui le peintre doit être un shaman engagé, un shaman qui a pour humble mission de rendre compte des forces et des formes invisibles à la communauté des vivants, un shaman dont l’idéal n’est pas de rester enfermé dans sa tour d’ivoire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Le monde selon Claude-Henri Bartoli est un flux d’énergie dans lequel les formes communiquent entre elles, engendrent d’autres formes, se dissolvent, meurent et renaissent.  Dans cette vision shamanique et donc magique, il n’y a pas, pour lui, un être qui soit supérieur à l’autre ; ainsi, l’humain n’est pas supérieur au chien, au chat ou au cactus <i>nopal</i> ; tout simplement parce que nous baignons tous dans ce flux et nous devons y être attentifs.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Ce fluide magique, et pour ainsi dire sacré, est peut-être perceptible plastiquement dans l’art de notre peintre, à travers la récurrence d’un pointillisme de toute sorte : ici des stries, ailleurs une insistance de points en tout genre qui peuplent la toile. Lorsqu’on interroge Claude-Henri Bartoli sur cette présence pointilliste, il nous dit qu’il s’agit d’une manière de faire vibrer les formes en un fluide visuel qui unit tous les motifs de la toile. Ainsi, le peintre unit sans cesse les règnes, les mondes, qui dès lors n’ont plus rien d’antagoniques dans cette vision et perception-là.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">… Un monde où le trait qui enferme est un contresens, une hérésie, une pure convention.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">… Un monde où le corps est fait de particules en mouvement.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">… Un monde vibrant, en mouvement, dont l’artiste rend compte dans sa vision plastique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">Cette perception du monde, de sa grande unité, « <i>vaste comme la nuit et comme la clarté </i>» pour reprendre un vers de Baudelaire à propos des secrètes correspondances magiques, est une unité révélée par la vibration et traduite visuellement, une vibration cosmique de l’univers qui conduit celui qui a intitulé l’une de ses expositions «<i> Shamanisme</i> » à affirmer qu’il aimerait qu’il y eût un « passeport de citoyen du monde », sorte de passeport shamanique.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">C’est le sens aussi, et je terminerai sur ceci, de cette citation de Gérard de Nerval que Claude-Henri aime à rappeler, en lui prêtant un sens, une vibration et un esprit shamaniques certains:</span></p>
<p style="text-align: center;" align="center"><span style="font-size: medium;"> <b><i>l’ « esprit s’accroît sous l’écorce des pierres »</i></b>.</span></p>
<p style="text-align: center;" align="center"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/Theavida-050317jpg.jpeg" rel="lightbox[963]" title="Claude-Henri BARTOLI ou le rêve éveillé du shaman"><img class="aligncenter  wp-image-970" alt="Theavida 050317jpg" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/Theavida-050317jpg.jpeg" width="642" height="236" /></a></p>
<p style="text-align: center;" align="center"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/IMG_2534-e1488722054281.jpg" rel="lightbox[963]" title="Claude-Henri BARTOLI ou le rêve éveillé du shaman"><img class="aligncenter size-large wp-image-969" alt="IMG_2534" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2017/03/IMG_2534-1024x576.jpg" width="625" height="351" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>L’angle insolite d’un tram &#8211; Grand angle sur les photographies de Joëlle Colomar</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Dec 2013 11:15:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[francalderon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Fenêtre sur l’art et le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>&#160; L’angle insolite d’un tram Grand angle sur les photographies de Joëlle Colomar                                                                      par Christophe Corp     L’angle de vue par lequel la photographe Joelle Colomar aborde le réel est toujours un angle insolite, fait de coïncidences, coïncidences de matières que le réel associe sans prévenir, pour la plus poétique des alchimies... <a href="https://www.revuesouffles.fr/fenetre-sur-lart-et-le-monde/langle-insolite-dun-tram-grand-angle-sur-les-photographies-de-joelle-colomar/">&#187; Lire la suite</a></p><p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.revuesouffles.fr/fenetre-sur-lart-et-le-monde/langle-insolite-dun-tram-grand-angle-sur-les-photographies-de-joelle-colomar/">L’angle insolite d’un tram &#8211; Grand angle sur les photographies de Joëlle Colomar</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.revuesouffles.fr">Revue Souffles</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
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<p class="MsoNormal" style="mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"><span style="font-size: x-large;"><b style="mso-bidi-font-weight: normal;"><span lang="ES" style="font-family: 'Times New Roman';">L’angle insolite d’un tram</span></b></span></p>
<p class="MsoNormal" style="mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"><span style="font-size: x-large;"><i style="mso-bidi-font-style: normal;"><span lang="ES" style="font-family: 'Times New Roman';">Grand angle sur les photographies de Joëlle Colomar</span></i></span></p>
<p class="MsoNormal" style="mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"><span lang="ES" style="font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: ES;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"><span lang="ES" style="font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: ES;"><span style="mso-spacerun: yes;">                                                                   </span>par Christophe Corp</span></p>
<p class="MsoNormal" style="mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"><span lang="ES" style="font-size: 11.0pt; font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: ES;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none; text-autospace: none;"><span lang="ES" style="font-size: 11.0pt; font-family: 'Times New Roman'; mso-ansi-language: ES;"> </span></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">
<div id="attachment_285" style="width: 635px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/49-Nez-à-nez-2012-Joëlle-Colomar.jpg" rel="lightbox[282]" title="Nez à nez - 2012 - Joëlle Colomar http://joellecolomar.eklablog.com/"><img class="size-large wp-image-285" title="Nez à nez - 2012 - Joëlle Colomar http://joellecolomar.eklablog.com/" alt="Nez à nez - 2012 - Joëlle Colomar http://joellecolomar.eklablog.com/" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/49-Nez-à-nez-2012-Joëlle-Colomar-768x1024.jpg" width="625" height="833" /></a><p class="wp-caption-text">Nez à nez &#8211; 2012 &#8211; Joëlle Colomar <a title="joellecolomar.eklablog.com" href="http://joellecolomar.eklablog.com/" target="_blank">http://joellecolomar.eklablog.com/</a></p></div>
<p class="MsoNormal"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;"><span style="font-size: xx-large;">L</span>’angle de vue par lequel la photographe Joelle Colomar</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">aborde le réel est toujours un angle insolite, fait de</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">coïncidences, coïncidences de matières que le réel associe sans</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">prévenir, pour la plus poétique des alchimies visuelles : c’est</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">ainsi que, par exemple dans la photographie <em>Poisson-accordéon</em>,</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">les soufflets reliant un wagon de tramway à un autre, joue de</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">leurs creux avec les pleins lisses de la surface du poisson</span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">revêtu de pierreries par Christian Lacroix (ligne 3). </span></p>
<p class="MsoNormal"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">Le noir</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">vivifiant des césures y renforce de sa non-couleur la grande</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">symphonie chromatique, l’oeil photographique de l’artiste</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">faisant sienne la grande leçon de Kandinsky sur les effets</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">visuels du noir sur les autres couleurs. La chanson que fait</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">jouer cet accordéon au poisson est celle de la partition de</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">l’insolite urbain saisi à la source d’un regard.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">        L’insolite y prend goût, dans les réalisations de Joëlle</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">Colomar, comme dans cet instantané de machine Nez à nez,</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">dans lequel les trams de la ligne 3, de leurs beaux museaux</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">endimanchés esquissent pour un instant des épousailles</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">urbaines. L’insolite y est affaire d’angle : tramway réduit à sa</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">plume en en haut, celle dessinée par Christian Lacroix et</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">isolée dans <em>De plume et de tram</em>, tramway aux <em>Fleurs sous haute</em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;"><em>surveillance</em>, tramways vus du ciel dans <em>Abstrac’tram</em>…, autant</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">de créations photographiques pour redécouvrir « le tramway</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">de Montpeul », le voir autrement. Ce regard neuf nous fait</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">plus que jamais prendre conscience que l’art commence avec</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">le rêve qui peuple notre quotidien et que l’artiste débusque au</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">gré d’une alchimie visuelle.</span></p>
<div id="attachment_287" style="width: 635px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/43-Abstractram-2012-Joëlle-Colomar-e1388054946688.jpg" rel="lightbox[282]" title="L’angle insolite d’un tram - Grand angle sur les photographies de Joëlle Colomar"><img class="size-large wp-image-287" alt="Abstrac'tram - 2012 - Joëlle Colomar http://joellecolomar.eklablog.com/" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/43-Abstractram-2012-Joëlle-Colomar-e1388054946688-768x1024.jpg" width="625" height="833" /></a><p class="wp-caption-text">                                Abstrac&rsquo;tram &#8211; 2012 &#8211; Joëlle Colomar <a title="joellecolomar.eklablog.com" href="http://joellecolomar.eklablog.com/" target="_blank">http://joellecolomar.eklablog.com/</a></p></div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">     Fuyant pour ainsi l’humain – comme si, à l’instar de l’art</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">musulman, le visage humain ne devait être figuré c’est-à-dire</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">photographié – l’art de Joëlle Colomar traque l’abstrait à</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">l’oeuvre dans le réel : trois tramways saisis de haut, depuis un</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">balcon préalablement repéré, composent une toile abstraite</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">dont les couleurs sillonnent de leur énergie visuelle en</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">diagonale l’oeuvre <em>Abstrac’tram</em>. L’impossibilité de photographier</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">le visage humain sans obligation d’autorisation de la</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">part de la personne prise en photo, du fait de la législation en</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">matière d’image, constitue une sorte d’interdit qu’intègre le</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">regard de Joëlle Colomar, un interdit qui l’oblige à sublimer,</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">autrement dit, à partir sur d’autres chemins, ceux de l’insolite,</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">du poétique et de l’alchimie de l’urbain. C’est ainsi que</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">l’humain dans ce monde photographié, s’y aperçoit plus qu’il</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">ne s’y voit précisément ; cette contrainte y façonne un art du</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">suggéré et de l’aperçu ou très souvent de l’entr’aperçu,</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">comme dans les photographies <em>A bras raccourcis</em> ou <em>Au miroir</em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;"><em>du tram</em>, séquences d’humain cultivant l’art du métonymique,</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">dans lequel un détail vaut aisément pour un tout, comme ce</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">bras agrippé à une barre et dont l’expression de la main se</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">peuple de toutes les significations du possible. L’abstrait à</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">l’oeuvre dans le réel est débusqué dans <em>Intersection</em> : à la</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">croisée des rails et au gré du pavement naît une géométrie</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">avide de tranchant et de perfection, cependant qu’une ombre</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">inquiétante laisse planer le mystère d’un inexplicable sur ce</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">monde presque parfait.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">           Au gré de l’insolite et de l’abstrait, la quête s’attache aux</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">transparences : traces floues de saleté, floutant les vitres du</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">tram dans <em>Profondeurs de la transparence</em> et ce faisant créant une</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">impression de vitesse, rame translucide de la ligne dorée,</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">ouvrant ses portes sur les soufflets de l’accordéon-poisson de</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">la ligne 3, dans <em>Dorures pour un vert-amande</em>, labyrinthes</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">visuels inextricables de reflets comme ceux de la</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">photographie <em>Peyrou, fils du Soleil</em>, sorte de strates empilés du</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">millefeuilles à voir.</span></p>
<div id="attachment_290" style="width: 635px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/37-Entre-ciel-et-tram-2012-Joëlle-Colomar.jpg" rel="lightbox[282]" title="L’angle insolite d’un tram - Grand angle sur les photographies de Joëlle Colomar"><img class="size-large wp-image-290" alt="Entre ciel et tram- 2012 - Joëlle Colomar http://joellecolomar.eklablog.com/" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/37-Entre-ciel-et-tram-2012-Joëlle-Colomar-749x1024.jpg" width="625" height="854" /></a><p class="wp-caption-text">                  Entre ciel et tram- 2012 &#8211; Joëlle Colomar <a title="joellecolomar.eklablog.com" href="http://joellecolomar.eklablog.com/" target="_blank">http://joellecolomar.eklablog.com/</a></p></div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">L’inquiétude du réel sans cesse à l’oeuvre des</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">surgissements ou jaillissements d’insolite, en adéquation avec</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">la quête inquiète de l’artiste à l’affût, ne s’attache pas</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">seulement au miroitement transparent de l’instant tram, elle</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">s’attache aussi à cette poésie de la décalcomanie auquel se</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">prête admirablement le mobilier urbain : feston de fioritures</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">se décalquant sur le paysage urbain de l’avenue de Lodève et</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">son mur en pierre, dans <em>Décalc’ô tram,</em> art de l’impression</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">d’arabesques dans <em>Baroque sur-impression</em> ou encore dans</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;"><em>Porteurs d’image sainte</em>, photographie dans laquelle deux</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">hommes vus de dos, assis sur le banc d’un arrêt de la ligne 4</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">derrière la vitre, semblent comme saisis dans l’attitude</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">harassée de deux <em>costaleros</em>, ces fameux porteurs de chars de la</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">Semaine Sainte, étrangement surmonté d’une décalcomanie</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">baroque d’arabesques, esquissant le visage d’un presque</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">Christ. L’étrange habite la quête insolite de la photographe car</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">il habite le réel pour qui voit ce que d’autres ont cru voir :</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">c’est ainsi que l’ombre est l’une des proies privilégiées de ce</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">regard, elle est également le premier artiste urbain de</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">l’étrange, voire du surnaturel : le tram y est soudain en laisse</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">grâce à elle dans <em>Pour mes beaux yeux et une ombre attachée</em>, il</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">devient aussi –chose rare et merveilleusement étrange, le</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">support visuel du jeu de l’hirondelle blanche et de l’ombre</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">d’un angelot qui curieusement s’y projette et fait corps avec</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">l’oiseau, qui serait l’âme yang de l’oiseau yin, sur la robe</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">mariale d’un tram bleu, égaré au milieu de tant de poésie.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">Sur le chemin des ombres et des transparences, la</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">photographe ne se contente pas seulement de capter la magie</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">de la robe à poulpe d’un tram à paillettes ou pierreries,</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">recadrée et par là même restituée dans toute l’écume</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">chromatique de son jaillissement dans <em>Vingt mille lieues sous le</em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;"><em>tram</em>, elle magnifie le réel de l’instant tram qui, sous son</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">regard, se fait aussi, lui-même, artiste peintre : ici, le soleil</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">dessine sur le trottoir au pochoir d’un banc, une irrésistible</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;"><em>Dentelle de tram</em>, façon petit baroque ou rococo d’ombre ;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">ailleurs, l’hirondelle des transparences sur le sol des fantaisies</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">urbaines soudain égarée, dans <em>Une hirondelle fait l’automne</em>, n’y</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">fait plus le printemps mais y fait soudain l’automne sur son</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">nid de feuilles sèches servant de profondeur au vide</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">translucide laissé par la vitre ; ailleurs encore, sur la vitre d’un</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">arrêt de la ligne 1, les transparences dessinent un extravagant</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">paysage de fier soleil dans la photographie Entre ciel et tram,</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">sorte de sortilège ou de rébus visuel où il devient très difficile</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">de discerner le reflet du non-reflet.</span></p>
<div id="attachment_291" style="width: 635px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/36-Une-hirondelle-fait-lautomne-2012-Joëlle-Colomar.jpg" rel="lightbox[282]" title="L’angle insolite d’un tram - Grand angle sur les photographies de Joëlle Colomar"><img class="size-large wp-image-291" alt="Une hirondelle fait l'automne - 2012 - Joëlle Colomar http://joellecolomar.eklablog.com/" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/36-Une-hirondelle-fait-lautomne-2012-Joëlle-Colomar-768x1024.jpg" width="625" height="833" /></a><p class="wp-caption-text">Une hirondelle fait l&rsquo;automne &#8211; 2012 &#8211; Joëlle Colomar <a title="joellecolomar.eklablog.com" href="http://joellecolomar.eklablog.com/" target="_blank">http://joellecolomar.eklablog.com/</a></p></div>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">Fidèle au devenir de l’instant et attachée à l’art magique du</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">réel lui-même piégé dans le réduit d’une chambre noire, Joëlle</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">Colomar, artiste de l’insolite, de l’étrange voire du surnaturel,</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">a toujours à coeur de ne jamais retoucher ses clichés : seul</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">parle dans cet art le respect scrupuleux de la magie du réel à</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">l’oeuvre dans notre quotidien, alchimie visuelle saisie dans le</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;"><span lang="ES" style="mso-ansi-language: ES;">prisme d’un regard.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">
<address class="MsoNormal" style="text-align: left;"><em><span lang="ES" style="font-size: medium; font-family: 'Times New Roman';">Square Planchon, face à la Gare Saint-Roch, un soir de trams, 13 septembre 2012.</span></em></address>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">
<div id="attachment_288" style="width: 635px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/47-Vingt-mille-lieux-sous-le-Tram-2012-Joëlle-Colomar.jpg" rel="lightbox[282]" title="L’angle insolite d’un tram - Grand angle sur les photographies de Joëlle Colomar"><img class="size-large wp-image-288" alt="Vingt mille lieues sous le Tram - 2012 - Joëlle Colomar http://joellecolomar.eklablog.com/" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/47-Vingt-mille-lieux-sous-le-Tram-2012-Joëlle-Colomar-1024x768.jpg" width="625" height="468" /></a><p class="wp-caption-text">                Vingt mille lieues sous le Tram &#8211; 2012 &#8211; Joëlle Colomar <a title="joellecolomar.eklablog.com" href="http://joellecolomar.eklablog.com/" target="_blank">http://joellecolomar.eklablog.com/</a></p></div>
<p>&nbsp;</p>
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<p class="MsoNormal"><span lang="ES" style="font-size: medium; font-family: 'Times New Roman';"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">
<p class="MsoNormal" style="text-align: left;">
<p><span lang="ES" style="font-size: 9.0pt; font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-font-family: 'ＭＳ 明朝'; mso-fareast-theme-font: minor-fareast; mso-ansi-language: ES; mso-fareast-language: ES; mso-bidi-language: AR-SA;"> </span></p>
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		<title>La Passion selon Sérapion &#8211; par Christophe Corp</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Dec 2013 22:13:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[francalderon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Fenêtre sur l’art et le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>               La Passion selon Sérapion                                                                                                                         par Christophe Corp                   Toute l’âme résumée Quand lente nous l’expirons… Stéphane Mallarmé. A Catherine Frot, comme lorsque dans une salle de musée tous les tableaux   vous regardent… Nul ne sait où quand ni comment, mais la grâce frappe, oui vraiment, comme dans un tableau de Zurbarán. Le... <a href="https://www.revuesouffles.fr/fenetre-sur-lart-et-le-monde/249/">&#187; Lire la suite</a></p><p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.revuesouffles.fr/fenetre-sur-lart-et-le-monde/249/">La Passion selon Sérapion &#8211; par Christophe Corp</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.revuesouffles.fr">Revue Souffles</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: x-large;"><strong>               La Passion selon Sérapion</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;"><em>                                 </em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;"><em>                                                                                       par Christophe Corp</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;">                  <em>Toute l’âme résumée Quand lente nous l’expirons… Stéphane Mallarmé. </em></span></p>
<p><em><span style="font-size: medium;">A Catherine Frot, comme lorsque dans une salle de musée tous les tableaux   vous regardent… </span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;"><span style="font-size: xx-large;">N</span>ul ne sait où quand ni comment, mais la grâce frappe, oui</span> <span style="font-size: large;">vraiment, comme dans un tableau de Zurbarán.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;">Le jeune Sérapion, jeune martyr que l’on a paraît-il</span> <span style="font-size: large;">démembré, décapité, éviscéré, comme par une trinité barbare</span> <span style="font-size: large;">du supplice, s’est invité au Musée Fabre, pendant toute la</span> <span style="font-size: large;">durée de l’exposition Caravage <em>« Corps et ombres »</em>.</span></p>
<div id="attachment_250" style="width: 635px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/65-Saint-Sérapion-1628-Francisco-de-Zurbaran.jpg" rel="lightbox[249]" title="Saint Sérapion - 1628 - Francisco de Zurbaran"><img class="wp-image-250" title="Saint Sérapion - 1628 - Francisco de Zurbaran" alt="Saint Sérapion - 1628 - Francisco de Zurbaran" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/65-Saint-Sérapion-1628-Francisco-de-Zurbaran-884x1024.jpg" width="625" height="723" /></a><p class="wp-caption-text">Saint Sérapion &#8211; 1628 &#8211; Francisco de Zurbaran</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;">La Passion façon Sérapion est une Passion <em>in absentia</em> : seul</span> <span style="font-size: large;">face à la tradition, le sévillan d’adoption Zurbarán y aborde le</span> <span style="font-size: large;">passage obligé de la tradition biblique en faisant halte au</span> <span style="font-size: large;">Golgotha de la Modernité. Une Passion in absentia comme</span> <span style="font-size: large;">Stéphane Mallarmé peut rêver de métaphore <em>in absentia</em>. La</span> <span style="font-size: large;">Passion y est dans cette toile, qui semble immense, la grande</span> <span style="font-size: large;">absente du bouquet évangélique ; c’est en cela que l’instant est</span> <span style="font-size: large;">moderne.</span> <span style="font-size: large;">Harassé des supplices du morbide de la peinture de martyrs,</span> <span style="font-size: large;">le regard du spectateur s’y dévêt de la grande machinerie de</span> <span style="font-size: large;">la mise en Cène des suppliciés : point de croix, point de clou</span> <span style="font-size: large;">sanglant, point de stigmate orchestré par la rhétorique de la</span> <span style="font-size: large;">main. La Passion y est soudain affaire de légèreté comme une</span> <span style="font-size: large;">gravité que l’on allège et dépouillerait de ses vieux artifices</span> <span style="font-size: large;">déchus. La presque chute de Sérapion y est une chute hors du</span> <span style="font-size: large;">temps, dans l’art moderne et nu. Mu par la grâce d’un instant</span> <span style="font-size: large;">sévillan hors du temps, en habit de lumière, Sérapion se tient</span> <span style="font-size: large;">sur la crête d’aurore de la Modernité.</span> <span style="font-size: large;">              </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;">Le jeune Saint y pratique l’art de la suggestion défini par</span> <span style="font-size: large;">Stéphane Mallarmé : <em>« nommer un objet, c’est supprimer trois</em></span><em> <span style="font-size: large;">quarts de la puissance du poème qui est faite du bonheur de deviner</span> </em><span style="font-size: large;"><em>peu à peu ; le suggérer, voilà le rêve ».</em> Dans ce chef-d’oeuvre de</span> <span style="font-size: large;">Zurbarán, l’absence y dit plus que la présence, l’absence y est</span> <span style="font-size: large;">plus-que-présence, y est quintessence ou grâce. Le chemin de</span> <span style="font-size: large;">la grâce picturale de Zurbarán crée une esthétique in absentia</span> <span style="font-size: large;">de la Passion : l’entrebâillement de l’habit de Sérapion</span> <span style="font-size: large;">esquisse l’éviscération, le mouvement de tête un début de</span> <span style="font-size: large;">chute après la décapitation à venir, la non représentation des</span> <span style="font-size: large;">pieds le démembrement. Sérapion jette la Passion hors du</span> <span style="font-size: large;">temps, dans les couloirs d’un futur pictural, le saint a fait don</span> <span style="font-size: large;">d’une partie de ses membres absents à la peinture moderne.</span> <span style="font-size: large;">L’absence y fait don d’une présence, léguée hors du tableau</span> <span style="font-size: large;">aux modernes, sous les cieux de tous les possibles.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;">Un vent léger de grâce a entr’ouvert l’habit du jeune saint,</span> <span style="font-size: large;">entr’ouvrant ce faisant un chemin de modernité à jamais,</span> <span style="font-size: large;">comme pour dire que le non-dit en dit plus que le dit.</span> <span style="font-size: large;">L’universelle présence moderne de ce jeune, qui touche audelà</span> <span style="font-size: large;">de sa condition de saint et a perdu à jamais son étiquette</span> <span style="font-size: large;">de sainteté (son âme ayant déjà migré vers nous, ses <em>frères</em></span> <span style="font-size: large;"><em>humains</em>, et peut-être déjà vers celle de ce jeune milicien de</span><span style="font-size: large;"> Xavier Bueno, <em>Le combattant espagnol</em>, oeuvre du Musée de</span> <span style="font-size: large;">Castres), son universelle présence tient pour beaucoup à</span> <span style="font-size: large;">l’universel visage des humbles qui est le sien, un hic et nunc de</span> <span style="font-size: large;">visage sali par la presque mort, qui vient tout droit vers nous</span> <span style="font-size: large;">sans les artifices de la foi, avec son hirsute présence chevelure</span> <span style="font-size: large;">de paysan, comme une foi d’âme qui hanterait l’humain sans</span> <span style="font-size: large;">croix mais avec elle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;">La grande absente mémorable de cette toile, c’est la Croix.</span> <span style="font-size: large;">D’autres, en pareil martyre, se seraient sentis obligés par Elle,</span> <span style="font-size: large;">se seraient complu en Elle. Zurbarán la nie pour mieux la</span> <span style="font-size: large;">rendre présente, en une présence-absence qui utilise les bords</span> <span style="font-size: large;">du tableau, son cadre réel extérieur à la toile, comme support</span> <span style="font-size: large;">invisible de clous absents, qu’il faut imaginer et supposer</span> <span style="font-size: large;">hors-champ visuel – dans le non-peint – et soutenant les liens,</span> <span style="font-size: large;">les liens du Saint faits d’humble corde. Somme toute : une</span> <span style="font-size: large;">Croix abscondita et une presque nonchalance de mains comme</span> <span style="font-size: large;">un pied-de-nez subtil à tant de rhétorique de la main dans la</span> <span style="font-size: large;">peinture de martyrs, une nonchalance qui esquisse un</span> <span style="font-size: large;">mouvement de Croix. Cette nonchalance de Croix absente</span> <span style="font-size: large;">tient lieu, à l’insu en partie de son créateur génial, de futur</span> <span style="font-size: large;">pictural pour des générations de peintres à venir.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;">Le vrai Golgotha, la vraie montagne, ici, dans cette toile, n’est</span> <span style="font-size: large;">plus affaire de vanité avec crâne (souvent là pour signifier</span> <span style="font-size: large;">l’étymologie du mot Golgotha, tel que cela apparaît dans</span> <span style="font-size: large;">certains supplices de Saints) car la vraie montagne sainte ici</span> <span style="font-size: large;">c’est l’habit ; il concentre les trois-quarts des égards du</span> <span style="font-size: large;">peintre, excentrant et comme reléguant hors-champ, les</span> <span style="font-size: large;">artifices de la Passion et ses instruments, ostensiblement mis</span> <span style="font-size: large;">en Cène ailleurs dans la peinture baroque. Le drapé est sa</span> <span style="font-size: large;">montagne, son Golgotha, sa montagne captant tous les égards</span> <span style="font-size: large;">de la lumière et son pinceau, sa montagne édifiée de plis et de</span> <span style="font-size: large;">replis, montagne qui menace toujours de nous tomber dans</span> <span style="font-size: large;">les bras lorsqu’on approche au plus près la toile. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;">Après cette toile de Zurbarán – vivifiant chef d’oeuvre du</span> <span style="font-size: large;">peint autant que du non-peint – on a envie de crier à toute la</span> <span style="font-size: large;">peinture de martyrs <em>« Et tout le reste est littérature ! »</em> tant le</span> <span style="font-size: large;">génie pictural y brille haut, comme les plumes de grâce que</span> <span style="font-size: large;">l’on entend crisser dans le silence, fin frôlement du sublime.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;">Et cet infime carton sur le côté ? Quelque chose d’un clairobscur</span> <span style="font-size: large;">sur papier, destiné à Merisi Caravage ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: large;">Quelque chose sans doute d’une ironie ou d’un sourire dont</span> <span style="font-size: large;">on n’a jamais fini de percer le sens.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-size: large;">                         Montpellier, Musée Fabre, jeudi 4 octobre 2012, 19h</span></em></p>
<p><em><span style="font-size: large;">                               .</span> <span style="font-size: large;">…Aura d’une âme prise au grand angle…</span></em></p>
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		<title>Le monde selon Biosca ou la conscience de l’Oiseau par Christophe Corp</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Dec 2013 21:45:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[francalderon]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Fenêtre sur l’art et le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Le monde selon Biosca ou la conscience de l’Oiseau                                                                     par Christophe Corp A  René Biosca, mythographe du songe dans le vent.  L’univers de René Biosca est fourmillement de l’aérien. Il semble que sa peinture est née un jour aigu de tramontane, lorsque le ciel tamise grises cavalières les nuages ou bien encore un jour... <a href="https://www.revuesouffles.fr/fenetre-sur-lart-et-le-monde/le-monde-selon-biosca-ou-la-conscience-de-loiseau-par-christophe-corp/">&#187; Lire la suite</a></p><p>The post <a rel="nofollow" href="https://www.revuesouffles.fr/fenetre-sur-lart-et-le-monde/le-monde-selon-biosca-ou-la-conscience-de-loiseau-par-christophe-corp/">Le monde selon Biosca ou la conscience de l’Oiseau par Christophe Corp</a> appeared first on <a rel="nofollow" href="https://www.revuesouffles.fr">Revue Souffles</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: x-large;"><strong>Le monde selon Biosca ou la conscience de</strong></span><br />
<span style="font-size: x-large;"><strong>l’Oiseau</strong></span></p>
<div id="attachment_237" style="width: 840px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/26G-Mistral-fort-René-Biosca-Photo-Olivier-Maynard.jpg" rel="lightbox[236]" title="Mistral fort - René Biosca - Photo Olivier Maynard"><img class="wp-image-237" title="Mistral fort - René Biosca - Photo Olivier Maynard" alt="Mistral fort - René Biosca - Photo Olivier Maynard" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/26G-Mistral-fort-René-Biosca-Photo-Olivier-Maynard.jpg" width="830" height="596" /></a><p class="wp-caption-text">Mistral fort &#8211; René Biosca &#8211; Photo Olivier Maynard</p></div>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: large;">                                                                    <em><span style="font-size: x-large;">par Christophe Corp</span></em></span></p>
<p align="right"><span style="font-size: large;"><i>A  René Biosca, mythographe du songe dans le vent. </i></span></p>
<p> <span style="font-size: large;"><span style="font-size: xx-large;">L</span>’univers de René Biosca est fourmillement de l’aérien. Il semble que sa peinture est née un jour aigu de tramontane, lorsque le ciel tamise grises cavalières les nuages ou bien encore un jour de Mistral fort, ciel de bleu pur, mistral à toutes les poésies, à toutes les démences, lorsque le monde devient propice à toutes les trans-gressions.</span></p>
<p><span style="font-size: large;"> Le vent est chez lui moteur d’inspiration, air inspirateur et pour ainsi dire</span><br />
<span style="font-size: large;"> ventilateur de l’âme inquiète qui grâce à lui, acquiert cette propension à flotter dans les airs, cette propension à s’alléger.</span></p>
<p><span style="font-size: large;"> La très vieille leçon de perspective des peintres de la Renaissance, devient sous son regard aspiré des vents, ligne de fuite de mistral et les personnages elfiques qu’il y figure, y filent doux dans le bleu grave de l’existence.</span></p>
<p><span style="font-size: large;"> Le Roi Vent qui les met en fuite y est célébré en un Carnaval de couleurs.</span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: large;"> <a title="Commande de numéros" href="http://www.revuesouffles.fr/publications/commande-de-numeros/"><em>Lire l&rsquo;article en entier voir numéro 238 &#8211; 239 p 281- 285</em></a></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_239" style="width: 280px" class="wp-caption alignright"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/29G-Voleur-dorganes-René-Biosca-Photo-Olivier-Maynard.jpg" rel="lightbox[236]" title="Voleur d'organes - René Biosca - Photo Olivier Maynard"><img class="wp-image-239" title="Voleur d'organes - René Biosca - Photo Olivier Maynard" alt="Voleur d'organes - René Biosca - Photo Olivier Maynard" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/29G-Voleur-dorganes-René-Biosca-Photo-Olivier-Maynard-300x212.jpg" width="270" height="191" /></a><p class="wp-caption-text">Voleur d&rsquo;organes &#8211; René Biosca &#8211; Photo Olivier Maynard</p></div>
<div id="attachment_238" style="width: 280px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/27G-Rouge-trouille-René-Biosca-Photo-Olivier-Maynard.jpg" rel="lightbox[236]" title="Rouge trouille - René Biosca - Photo Olivier Maynard"><img class="wp-image-238" title="Rouge trouille - René Biosca - Photo Olivier Maynard" alt="Rouge trouille - René Biosca - Photo Olivier Maynard" src="http://www.revuesouffles.fr/wp-content/uploads/2013/12/27G-Rouge-trouille-René-Biosca-Photo-Olivier-Maynard-300x212.jpg" width="270" height="191" /></a><p class="wp-caption-text">Rouge trouille &#8211; René Biosca &#8211; Photo Olivier Maynard</p></div>
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